Les astronomes professionnels lancent un appel à l’ONU contre Elon Musk et le projet Starlink

Lorsque Elon Musk a lancé son projet Starlink, il était sans nul doute bien intentionné. Mais il n’avait visiblement pas pris la mesure des dommages que sa constellation de satellites allait causer à l’astronomie. On peut légitimement se demander s’il a finalement fini par le comprendre et comme Starlink a des concurrents, la communauté astronomique s’est mobilisée pour faire cesser le Far-West en interpellant l’ONU.

Abundance est le nom d’un livre coécrit par Peter Diamandis avec Steven Kotler. Diamandis est un des gourous du transhumanisme et plus précisément de la singularité technologique pour laquelle il a co-fondé la Singularity University en Californie. C’est un chantre du concept de technologie exponentielle et s’il a sous-estimé à son tout début la gravité de la pandémie de la Covid-19, il en a rapidement pris la mesure et a correctement prédit que nous disposerions d’un vaccin à l’horizon de Noël 2020.Dans son livre, Peter Diamandis fait l’éloge des techno-philanthropes, tels Bill et Melinda Gates, et des techno-entrepreneurs qui, comme Larry Page ou Elon Musk, ont une formation scientifique poussée, sont inspirés par les idéaux de la science et les rêves de la science-fiction et surtout qui entendent bien contribuer à des percées scientifiques et technologiques majeures dans des espaces désertés par les États tout en les mettant aux services des idéaux humanistes. Tout le contraire des « Trumps » et autres nuisances mondiales.Elon Musk, un Icare moderne ?En le lisant, on note que Diamandis parle par exemple de l’impact déjà palpable de l’internet et des téléphones portables en Afrique pour l’éducation et l’essor de l’économie. Cela donne du relief au projet le plus controversé d’Elon Musk : Starlink.

Beaucoup des déclarations et actions de Musk jusqu’il y a quelques années en faisait l’un des « super-héros » d’une génération dont certains membres partagent en partie les idéaux de Diamandis. « Super-héros » aidant à préparer une humanité guidée par la science, la rationalité, la technologie et plus en premier lieu par l’économie, la politique, l’idéologie etc. (sans doute un peu, voire complètement, un écho moderne de rêves millénaires allant de la République de Platon aux penseurs des Lumières, en passant par La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon) et finalement en mesure de survivre à l’effondrement se profilant à l’horizon des décennies à venir.Hélas, depuis donc quelques années et peut-être parce qu’il a trop voulu en faire, épuisé sous la pression et le stress de ses multiples projets de Tesla à SpaceX, Elon Musk a multiplié les faux pas, dont les plus inquiétants concernaient ses déclarations sur la Covid-19.Va-t-il finir par subir le même sort que Howard Hughes et illustrer une fois de plus le mythe d’Icare ?Ce ne serait pas la première fois, hélas, qu’un chemin censé mener à un Paradis mène à un Enfer et que le guide sur ce chemin finisse par se perdre lui-même et les autres avec lui, illustrant la fragilité humaine.

Une présentation de Starlink et du problème de la brillance des satellites et des débris spatiaux. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Tech InsiderCe qui est sûr, c’est que son projet avec Starlink ne passe pas auprès de la communauté des astronomes, laquelle n’est toujours pas convaincue ni rassurée par les déclarations de Musk (Futura les avait relayées dans le précédent article ci-dessous) qui pensait pouvoir régler le problème de la pollution grave par sa flottille de satellites des observations astronomiques menées au sol. Il veut la lancer pour faire entrer de plain-pied dans le cyberespace une partie de l’Humanité qui n’y a pas encore accès, notamment en Afrique.L’idée au départ était intéressante tant nous avons besoin de rassembler l’humanité et de lui fournir de nouveaux outils pour son éducation, sa rationalisation et mettre fin à la pauvreté afin de répondre aux redoutables défis du XXIe siècle. Mais l’est-elle vraiment et n’entraînera-t-elle pas beaucoup plus de problèmes qu’elle est censée en résoudre ?Un avenir sombre pour l’astronomie au sol ?Toujours est-il que l’astronome Eric Lagadec, grand spécialiste de l’étoile Bételgeuse et actuellement président de la Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique (SF2A) a déposé un message sur le compte Twitter de la SF2A il y a quelque temps afin de contribuer à sensibiliser les décideurs et le grand public à la menace potentielle non seulement de Starlink, mais aussi d’autres flottilles de satellites que veulent lancer d’autres entreprises privées dans des buts similaires. Le concurrent le plus évident en vue n’est autre que Jeff Bezos à l’origine du Projet Kuiper d’Amazon, voulant marcher sur les platebandes de Starlink.

Pour Elon Musk, les satellites de Starlink ne sont pas un problème pour les astronomes

Starlink, la mégaconstellation de SpaceX, a soulevé les inquiétudes des astronomes qui craignent que l’observation astronomique n’en soit gênée, quand d’autres scientifiques voient dans le déploiement de ces milliers de satellites une atteinte au ciel nocturne, ce « patrimoine de toutes les nations du monde. » Elon Musk s’est voulu rassurant tout en maintenant ses positions face aux critiques.

Elon Musk a écarté lundi les inquiétudes des astronomes à propos de sa constellation géante de satellites Starlink qui pourrait, selon certains scientifiques, gêner l’observation du ciel, mais dont le patron de Space X a prédit qu’elle n’aurait « pas la moindre incidence sur les découvertes astronomiques ». Le projet Starlink doit permettre de fournir internet à des utilisateurs depuis l’espace. Quelque 300 satellites ont déjà été placés en orbite, et ce nombre doit rapidement augmenter, potentiellement jusqu’à 42.000.

Elon Musk prédit zéro souciIl a affirmé que le problème se posait uniquement lorsque les satellites étaient en train de prendre de l’altitude pour se placer en orbite, et n’existait plus lorsqu’ils avaient atteint leur position finale. M. Musk a dit malgré tout que son entreprise travaillait avec la communauté scientifique pour réduire leur brillance, par exemple en peignant certaines parties en noir plutôt qu’en blanc.La constellation devrait être mise en marche pour le nord des États-Unis et le Canada dans l’année, avec une couverture mondiale prévue pour 2021. Elon Musk n’a pas donné de détails sur le futur prix de son service. La puissance sera suffisante pour regarder sans problème des films en haute définition ou jouer à des jeux vidéo sans temps de latence sensible.Le terminal permettant de recevoir le signal ressemblera à « un ovni sur un bâton », a-t-il dit, assurant que son installation serait très facile. « Le coffret contiendra uniquement deux instructions, qui pourront être suivies dans n’importe quel ordre : pointez vers le ciel, et branchez. » L’antenne s’alignera alors automatiquement avec un des satellites.Le service vise en priorité le marché de niche des utilisateurs vivant dans des régions isolées, ce qui ne menace donc pas les entreprises de télécommunications traditionnelles, selon Elon Musk, qui espère à terme gagner 3 à 5 % du marché mondial de l’internet, une part évaluée à 30 milliards de dollars par an.

SpaceX : les 42.000 satellites de Starlink font polémique

Article de Rémy Decourt, publié 26 octobre 2019

SpaceX qui a reçu le feu vert de la Commission fédérale américaine des communications pour lancer 12.000 satellites de sa constellation Starlink en orbite a récemment fait une demande pour en lancer jusqu’à 30.000 de plus. Une décision qui suscite de nombreuses controverses en raison des risques avérés qu’ils pourraient faire peser sur l’activité des satellites en orbite basse.

La décision de SpaceX d’augmenter de 30.000 le nombre de satellites pour son projet de méga-constellation Starlink, qui en comptait déjà 12.000, a plongé bon nombre d’experts de l’activité spatiale dans l’expectative. Ces 30.000 futurs satellites seront exploités en orbite terrestre basse à des altitudes comprises entre 328 kilomètres et 580 kilomètres.

Avec cette constellation, SpaceX souhaite fournir un accès à Internet haut débit et des nouveaux services associés, liés notamment à la connectivité. S’il n’est pas encore certain que tous les satellites annoncés soient effectivement lancés en orbite, pour les raisons évoquées brièvement précédemment, il ne fait aucun doute que ces milliers de satellites laissent présager de nombreux problèmes en orbite.

Quoi qu’en dise Elon Musk, convaincu que sa constellation se fondra dans le paysage, l’encombrement de l’orbite basse et le risque de collisions sont les deux principaux problèmes déjà identifiés. Sur les 60 premiers satellites Starlink lancés en mai 2019, trois ont été perdus et sont devenus des débris incontrôlables ! Bien que SpaceX affirme qu’elle possède des dispositifs pour désorbiter les satellites en panne de façon à éviter toute collision avec d’autres satellites, elle ne peut évidemment rien pour ceux dont le contact ou le contrôle a été perdu. Rappelons que début septembre, l’Agence spatiale européenne (ESA) a dû effectuer une manœuvre d’évitement d’Aeolus, un de ses satellites d’observation de la terre, afin d’empêcher une collision avec l’un des 60 satellites de la constellation Starlink.

Toujours est-il que la gestion du trafic ne sera pas simple malgré des distances entre chaque satellite de plusieurs centaines de kilomètres. Chaque alerte de collision imposera le déplacement d’un satellite, une opération qui risque de générer autant de nouveaux problèmes qu’elle en résout. Cette modification de l’orbite peut en effet présenter un risque pour les satellites situés à l’avant et à l’arrière dans le même plan du satellite. Autre souci, le risque est encore faible mais si tous les projets de constellations se concrétisaient, il faudra littéralement slalomer entre les satellites en orbite basse pour rejoindre les orbites plus hautes !Un permis de conduire spatial ?De nombreux experts s’interrogent sur la nécessité d’édicter un code de la route pour organiser le trafic spatial, comme c’est le cas sur Terre pour le trafic aérien et maritime par exemple. Il est aussi envisagé de saisir le bureau de l’ONU en charge des questions spatiales et l’Union internationale des télécommunications pour fixer de nouvelles règles et des normes plus strictes sur les projets de méga-constellations comme ceux de Starlink et OneWeb. Pour l’heure, la seule règle à peu près bien suivie par les agences et très peu par les opérateurs privés de la nouvelle économie du spatial, est celle dite des 25 ans qui impose que tout satellite en orbite basse soit rentré dans l’atmosphère avant un quart de siècle. Mais cette règle n’a pas force de loi.Enfin, ces satellites sont aussi une gêne significative pour les astronomes qui craignent que tous ces points brillants dans la nuit ne gâchent les observations de leurs télescopes. Conscient de ce problème, Elon Musk a annoncé avoir demandé à ses équipes de réduire l’albédo des prochains satellites Starlink.

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