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Après Khamenei, qui pour diriger l’Iran ?

Il est mort hier matin à 9h40, heure de Téhéran, tué dans sa résidence par des missiles israélo-américains. Trente-sept ans de pouvoir absolu effacés en quelques secondes. Et maintenant, une question que personne en Iran n’osait poser à voix haute s’impose avec une urgence absolue : qui va diriger la République islamique ?
La réponse n’est pas simple. Et c’est précisément ce flou qui inquiète le monde entier.
Commençons par comprendre le mécanisme. En Iran, le guide suprême n’est pas élu par le peuple. Il est désigné par l’Assemblée des Experts, un conseil de 88 religieux élus tous les huit ans par les citoyens iraniens, mais préalablement filtrés et approuvés par le Conseil des Gardiens. En clair, c’est le système qui choisit son propre successeur, loin de toute démocratie au sens occidental du terme.
En attendant cette désignation, la constitution iranienne est claire. Un conseil de transition provisoire prend les rênes. Il est composé du président Masoud Pezeshkian,

du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei, et d’un religieux représentant le Conseil des Gardiens. Ce dernier poste vient d’être attribué à l’ayatollah Alireza Arafi, 67 ans, nommé dimanche matin. C’est ce trio qui gouverne l’Iran en ce moment même, dans un contexte de guerre ouverte avec Israël et les États-Unis.
Mais la vraie question est celle du successeur permanent. Et là, plusieurs noms circulent dans les cercles du pouvoir iranien.
Le premier est celui de Mojtaba Khamenei, le fils du guide défunt. Il entretient des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution et dispose d’un réseau d’influence considérable. Mais sa désignation poserait un problème fondamental : elle ressemblerait à une monarchie héréditaire, ce qui contredit les fondements idéologiques de la République islamique. Sans compter qu’il n’a pas le rang religieux suffisant.


Le deuxième nom qui revient est celui d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et figure politique de premier plan. Pragmatique, expérimenté, respecté des deux côtés du spectre politique iranien, il est peut-être le candidat le plus réaliste à court terme. Dimanche, c’est lui qui a pris la parole en premier pour promettre une riposte et annoncer que le processus de transition était enclenché.


Viennent ensuite Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique. Ce dernier bénéficie d’une légitimité symbolique immense, mais son influence réelle sur l’appareil militaire et sécuritaire reste limitée.

D’autres noms circulent également, comme Mohammad Mehdi Mirbagheri, connu pour ses positions ultra-conservatrices et son hostilité viscérale à l’Occident.


Mais au-delà des noms, c’est la nature même de la transition qui pose problème. Selon le Council on Foreign Relations, trois scénarios sont possibles. Le premier est une continuité du régime, un khomeinisme sans Khomeini, où un successeur dur prend le relais sans changer de cap. Le deuxième est une prise de contrôle par les Gardiens de la Révolution, qui transformerait l’Iran en junte militaire théocratique.

Le troisième, le plus imprévisible, est un effondrement du régime, accéléré par les frappes américano-israéliennes et les protestations populaires qui couvaient depuis des années.
Car il ne faut pas oublier le contexte. En 2022, 2023, et encore en 2025, des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue aux cris de mort au dictateur et mort au guide. Khamenei avait réprimé ces mouvements dans le sang.

Aujourd’hui qu’il est mort, certaines rues de Téhéran ont vu des scènes de célébration discrètes, tandis que d’autres quartiers organisaient des rassemblements de deuil officiels.


Trump, lui, a été direct. Il a appelé le peuple iranien à prendre les choses en main et a déclaré que l’heure de leur liberté était arrivée. Message reçu cinq sur cinq par les opposants au régime en exil, qui voient dans cet événement une opportunité historique. Mais les experts sont plus prudents. Importer une transition politique de l’extérieur, qu’il s’agisse d’une monarchie restaurée autour de Reza Pahlavi ou d’un gouvernement en exil, a peu de chances de fonctionner sans une base populaire solide à l’intérieur du pays.


Ce qui est certain, c’est que l’Iran entre dans la période la plus incertaine de son histoire depuis la révolution de 1979.

Et dans cette incertitude, chaque puissance régionale et mondiale va tenter de placer ses pions. La Russie, la Chine, les pays du Golfe, la Turquie, tous vont observer et manœuvrer.
L’Algérie, elle, regarde depuis loin. Impuissante. Un allié de moins. Un monde qui change. Et une question qui se pose avec de plus en plus d’acuité : dans quel camp se trouvera Alger quand la poussière retombera ?

Après Khamenei, qui pour diriger l’Iran ?

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