Khamenei mort, Maduro en prison, Assad en exil : l’Algérie, dernier domino avant la chute ?
Le régime algérien perd ses alliés… mais vend secrètement son gaz à Israël
Il y a quelque chose de profondément ironique dans la situation actuelle de l’Algérie. Un pays qui se présente depuis des décennies comme le champion de la cause palestinienne, le pourfendeur de la normalisation avec Israël, le défenseur inflexible du camp du refus. Et pourtant, pendant que ses dirigeants tonnent contre Tel Aviv dans les forums internationaux, des navires chargés de gaz algérien font tranquillement route vers les ports israéliens.
Bienvenue dans les contradictions d’Alger. Un pays dont les alliés tombent les uns après les autres, et dont les secrets les mieux gardés commencent à remonter à la surface.
En l’espace de quinze mois, l’arc diplomatique sur lequel l’Algérie avait construit toute sa politique étrangère s’est effondré. Décembre 2024 : Bachar Al-Assad, que l’Algérie avait contribué à réhabiliter au sein de la Ligue arabe, fuit Damas en quelques heures. Fin d’un régime. Fin d’un allié. Janvier 2026 : Nicolás Maduro, reçu en grande pompe à Alger à plusieurs reprises, est arrêté à Caracas par les forces spéciales américaines et transféré à New York, menottes aux poignets, accusé de narcoterrorisme. Et puis le 28 février 2026, le coup le plus dévastateur. Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran depuis 1989, pilier de l’axe anti-occidental, est tué dans une frappe israélo-américaine. Trente-sept ans de pouvoir. Neutralisé en quelques secondes.
Trois alliés. Trois chutes. Et au milieu de tout cela, Alger. Seule. Silencieuse. Et de plus en plus exposée.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Parce que pendant que l’Algérie pleurait ses alliés en public, elle faisait des affaires en secret avec l’ennemi qu’elle désigne du doigt devant les caméras.
Selon le magazine français Mediapart, l’Algérie exporte du gaz vers Israël depuis 2014, dans le cadre d’un accord secret négocié avec la médiation égyptienne. Les chiffres sont là, documentés, vérifiables. Entre janvier 2021 et janvier 2022, au moins 50 000 tonnes de GPL algérien ont été vendues à Israël. En 2022, les exportations algériennes vers Israël atteignaient 21,38 millions de dollars, via des circuits de commerce triangulaire.
Et ce n’est pas tout. Selon l’Observatoire de la Complexité Économique, l’Algérie a exporté pour plus de 30,5 millions de dollars d’hydrogène vers Israël. Les données COMTRADE de l’ONU révèlent également des ventes de produits chimiques algériens vers Israël dépassant les 32 millions de dollars, faisant d’Alger le quatrième pays arabe exportateur vers Tel Aviv.
Comment un pays qui refuse officiellement tout contact avec Israël peut-il lui vendre autant ? La réponse tient en un mot : intermédiaires. Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, utilise le géant pétrolier VITOL comme écran. VITOL rémunère Sonatrach, puis revend le GPL algérien à la société israélienne EAPC. Ce montage permet à Sonatrach de nier toute relation directe avec un client israélien. Pour brouiller davantage les pistes, des transferts de cargaisons se font de navire à navire en pleine mer, dissimulant ainsi l’origine et la destination réelles des marchandises.
Plus récemment, Sonatrach aurait chargé sa filiale londonienne de négocier un nouveau contrat avec VITOL pour la livraison de 200 000 tonnes de GPL supplémentaires destinées à des ports israéliens. Et le PDG de Sonatrach aurait demandé aux services juridiques de garder le secret absolu autour de ces transactions, qualifiées en interne de dossier très sensible.
Cette relation inavouable ne date pas d’hier. Dès les années 1980, des rencontres secrètes entre responsables algériens et israéliens se tenaient à Paris. En 1994, une délégation secrète du ministère israélien de la santé se rendait à Alger pour signer un premier contrat commercial, alors même que le pays était en pleine guerre civile.
Depuis lors, de grandes entreprises algériennes se fournissent régulièrement en médicaments, matériel médical et technologie israéliens, à la seule condition qu’il n’y ait nulle part la mention made in Israël.
Le double discours est aujourd’hui rattrapé par les faits. Et Washington le sait. L’administration Trump, via son conseiller Massad Boulos chargé des affaires arabes et africaines, travaille activement à une normalisation officielle entre l’Algérie et Israël. Les États-Unis savent pour le gaz. Ils savent pour les transactions. Et ils s’en servent comme levier de pression sur Alger.
Alors, l’Algérie va-t-elle tomber ? Pas demain. Pas forcément. Mais le terrain tremble. Le pays possède des atouts réels : son gaz indispensable à l’Europe, sa position géographique stratégique au carrefour du Sahel et de la Méditerranée, son armée la plus puissante d’Afrique.
Ces facteurs la protègent d’une confrontation directe à court terme. Mais ses vulnérabilités s’accumulent dangereusement. Ses alliés ont disparu. Ses secrets ont été exposés. Et Trump a clairement montré avec le Venezuela et l’Iran qu’il n’avait aucune ligne rouge.
Le vrai piège dans lequel se trouve l’Algérie, c’est celui de sa propre rhétorique. Un régime qui a construit son identité politique sur la résistance à l’Occident et le soutien à la Palestine ne peut pas normaliser ouvertement avec Israël sans déclencher une crise politique majeure en interne.
Mais il ne peut pas non plus continuer à vendre son gaz à Tel Aviv en secret indéfiniment, dans un monde où les fuites se multiplient et où Washington utilise chaque secret comme une arme.
Le mensonge a une durée de vie limitée. Et l’histoire, en ce moment, s’accélère.
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