Operation Epic Fury : après l’Iran, l’Algérie sera-t-elle la prochaine cible ?
Le monde a basculé le 28 février 2026. Ce matin-là, une coalition militaire inédite entre les États-Unis et Israël a déclenché des frappes massives contre la République islamique d’Iran. En quelques heures, le guide suprême Ali Khamenei est mort sous les bombes, la marine iranienne est démantelée, et le Moyen-Orient s’embrase de Beyrouth à Dubaï.
Dans ce chaos, une question s’impose pour les 46 millions d’Algériens : quelle est la place de leur pays dans ce conflit ? Et surtout — l’Algérie pourrait-elle devenir une cible à son tour ?
Un monde nouveau né le 28 février
L’opération conjointe — baptisée « Lion rugissant » par Israël et « Fureur épique » par Washington — n’est pas une simple frappe de représailles. C’est une guerre totale, avec un objectif explicite : démanteler les capacités militaires iraniennes et renverser le régime des mollahs.
L’Iran a répliqué en déversant des salves de missiles sur les bases américaines du Golfe, frappant l’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, Oman, le Koweït, Chypre et Israël. Le détroit d’Ormuz, par où transitent 20 % du pétrole mondial, est tombé sous contrôle iranien. Le baril de brut a bondi de 60 à plus de 100 dollars en dix jours.
Le monde entier retient son souffle. Et Alger choisit le silence.
Le silence sidérant d’Alger
La réaction algérienne a stupéfié les observateurs. Pendant des décennies, Alger s’est construite sur un socle idéologique clair : défense de la souveraineté des États, condamnation de toute ingérence étrangère, soutien aux causes du Sud.
Cette fois, rien. Pas de condamnation des frappes américano-israéliennes.
Pas un mot pour les victimes civiles iraniennes. Pas de condoléances pour la mort de Khamenei. À la place, le ministère des Affaires étrangères produit un texte habile qui exprime la « solidarité totale » de l’Algérie avec les monarchies du Golfe celles que l’Iran venait de bombarder.
Le lendemain, Tebboune enchaîne les appels téléphoniques avec Mohammed ben Salmane, Mohammed ben Zayed, les dirigeants du Qatar et du Koweït. Ce virage est spectaculaire pour un régime qui, quelques mois plus tôt, accueillait le chef de la diplomatie iranienne à Alger avec la promesse d’une visite d’État imminente.
La peur de Washington, moteur du revirement
Ce retournement a un nom : Donald Trump. Depuis son retour à la Maison-Blanche, la diplomatie algérienne marche sur des œufs. Le régime Tebboune-Chanegriha a compris que Washington n’acceptera aucune ambiguïté.
Les alliés de l’Iran sont identifiés, surveillés, potentiellement sanctionnés. Alger ne peut pas se permettre de figurer sur cette liste.
Le Haut Conseil de sécurité algérien s’est réuni le 3 mars en urgence. L’ordre du jour n’a pas été rendu public mais le signal est clair : le régime est en état d’alerte maximale face à une recomposition géopolitique brutale qu’il n’a pas vu venir à cette vitesse.
Ce pragmatisme anxieux s’explique aussi par l’histoire. En 1993, l’Algérie avait déjà rompu avec l’Iran, accusé de financer les groupes islamistes armés qui ensanglantaient le pays. La « convergence de vues totale » proclamée avec Téhéran en 2024 n’aura duré que le temps d’un cycle diplomatique.
L’Algérie est-elle une cible ? L’analyse froide
Posons la question directement : Washington ou Tel-Aviv pourraient-ils viser l’Algérie ?
La réponse est non et voici pourquoi.
D’abord, la géographie ne s’y prête pas. L’Algérie se trouve à plus de 3 000 kilomètres des théâtres d’opérations. Toute la puissance de feu américano-israélienne est concentrée sur l’Iran et le Liban. Ouvrir un second front en Afrique du Nord serait stratégiquement absurde.
Ensuite, l’Algérie n’est pas un proxy militaire actif. Le Hezbollah combat. Les milices irakiennes combattent. Les Houthis combattent. L’Algérie, elle, n’envoie pas de soldats, ne livre pas d’armes, ne met pas son territoire à disposition. Cette posture de non-participation active la protège.
Enfin, le revirement diplomatique d’Alger fonctionne comme une assurance implicite. En se solidarisant avec les monarchies du Golfe, Tebboune envoie un message à Washington : l’Algérie n’est pas dans le camp ennemi.
Les vraies menaces : indirectes, mais réelles
Si aucune bombe ne tombera sur Alger, l’Algérie n’en est pas moins exposée.
Le premier risque est économique. Le pétrole à plus de 100 dollars profite certes aux exportations algériennes. Mais les perturbations maritimes Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez renchérissent le coût du fret mondial et alimentent une inflation que l’économie algérienne, très dépendante de ses importations, absorbera difficilement.
Le second risque est géopolitique. Le Maroc, dont les relations avec Alger sont au plus bas, entretient des liens croissants avec Israël depuis les accords d’Abraham. Dans un monde où les États-Unis récompensent leurs alliés et punissent leurs adversaires, le dossier du Sahara occidental prend une dimension nouvelle et dangereuse pour Alger.
Le troisième risque est identitaire.
La diplomatie algérienne a construit pendant soixante ans une légitimité sur ses principes. Ce revirement pragmatique érode ce capital symbolique. Dans la rue, la question circule : pourquoi Alger condamne-t-elle les missiles iraniens sur Dubaï, mais reste muette quand les bombes tombent sur Téhéran ?
L’Algérie à la croisée des chemins
Ce que cette guerre révèle avec brutalité, c’est que les principes, lorsqu’ils ne sont pas défendus sous pression, ne sont plus des principes. Ce sont des ornements.
L’Algérie a le choix. Elle peut se positionner comme puissance médiatrice son expérience historique et son rôle de premier fournisseur de gaz de l’Europe du Sud lui confèrent un levier réel. Ou elle peut continuer à naviguer dans l’ambiguïté, au risque de perdre à la fois ses alliés traditionnels et sa crédibilité internationale.
Dans un monde où l’abstention diplomatique n’est plus une option neutre, Alger devra tôt ou tard choisir ce qu’elle veut être.
English 




















































































































































