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Algérie : corruption, mafia politique et scandales des élites

Malgré des richesses naturelles colossales, l’Algérie peine à offrir à sa population un niveau de vie décent. Derrière ce paradoxe, un système de captation du pouvoir et de la rente pétrolière par une oligarchie militaro-politique bien installée.


Une rente confisquée


L’Algérie figure parmi les premiers producteurs mondiaux de gaz naturel et dispose de réserves pétrolières considérables. Pourtant, les Algériens font régulièrement face à des pénuries de produits de première nécessité  lait, sucre, sel à des files d’attente pour s’approvisionner en bouteilles de gaz, et à des salaires qui stagnent face à une inflation persistante. Ce décalage entre les richesses du sous-sol et les difficultés du quotidien n’est pas le fruit du hasard : il reflète une organisation du pouvoir pensée pour profiter à une minorité.


Une oligarchie enracinée depuis l’indépendance


Depuis 1962, une élite militaro-politique contrôle les leviers essentiels de l’État algérien. Marchés publics, licences d’importation, autorisations commerciales, nominations judiciaires : rien n’échappe à ce réseau de décideurs et d’hommes d’affaires liés au sérail. La richesse nationale se concentre ainsi entre les mains de quelques familles proches du pouvoir, pendant que la grande majorité de la population supporte le poids de cette capture institutionnelle.


Ce système n’est pas simplement corrompu — il est structurellement conçu pour préserver ses propres intérêts, neutralisant toute tentative de réforme sérieuse.


L’affaire Khaled Tebboune : l’impunité en pleine lumière


En mai 2018, la saisie de 701 kilogrammes de cocaïne au port d’Oran a ébranlé l’opinion publique algérienne. L’enquête a rapidement mis en cause Kamel Chikhi, homme d’affaires influent, ainsi que Khaled Tebboune, fils du président Abdelmadjid Tebboune, arrêté pour trafic d’influence et corruption dans le cadre de ce scandale.


L’issue du procès a cependant choqué : acquittement. Pour de nombreux Algériens, ce verdict n’était pas celui de la justice, mais celui du système. Cette affaire est depuis devenue l’illustration la plus frappante de la double justice qui règne dans le pays — sévère pour le citoyen ordinaire, clémente pour les proches du pouvoir.


Le Hirak : la preuve que le peuple peut dire non
En 2019, des millions d’Algériens ont envahi les rues semaine après semaine, portant un message clair : assez.

Le mouvement populaire du Hirak a contraint le président Abdelaziz Bouteflika à la démission et a rappelé au monde entier que la société algérienne n’était pas résignée.

Ce soulèvement pacifique a démontré qu’une mobilisation citoyenne durable pouvait ébranler même les systèmes les mieux verrouillés.


Quelles perspectives pour sortir de l’impasse ?
Le changement ne viendra pas d’une rupture violente, mais d’un processus long et exigeant. Il suppose une justice réellement indépendante, des réformes politiques profondes, une presse libre et une société civile capable de tenir les élites pour responsables de leurs actes.

Les ressources naturelles du pays sont suffisantes pour assurer à chaque Algérien une vie digne  encore faut-il qu’elles cessent d’être le patrimoine exclusif d’une caste.


Tant que les familles proches du pouvoir resteront au-dessus des lois, les files d’attente et les pénuries demeureront, elles, bien réelles.

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