# Tags
#Politique

La France joue sa propre partition au Moyen-Orient : bouclier du Golfe, épine dans le pied d’Israël

Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur offensive contre l’Iran le 28 février 2026, tout le monde cherche à savoir dans quel camp se trouve la France. La réponse courte : dans le sien. Et ça ne plaît pas à tout le monde.

Macron dit non et il l’assume


Depuis Tokyo, le président français a lâché une phrase qui a fait l’effet d’une bombe diplomatique : la France, qui n’a pas été consultée, ne prend pas part à l’offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël. Pas d’excuses, pas de contorsions. La position est claire, et elle l’est depuis le premier jour.
Résultat ? Trump s’est énervé. Il a accusé la France d’être « très peu coopérative », lui reprochant d’avoir refusé de laisser des avions militaires à destination d’Israël survoler le territoire français.

Du côté de Tel-Aviv, on ne cache pas non plus son agacement. Les relations entre Macron et Netanyahu sont au plus bas, et selon des sources diplomatiques, il est peu probable que Paris aide Israël à intercepter missiles ou drones iraniens.


Ni dans un camp, ni dans l’autre mais avec une ligne
Ce qui est intéressant dans la posture française, c’est qu’elle n’est pas simplement de l’attentisme. Paris a une vraie grille de lecture.
Dans son allocution du 3 mars, Macron a reconnu que l’Iran porte la « responsabilité première » du conflit programme nucléaire, soutien aux milices, répression intérieure. Mais il a aussi jugé que les frappes américano-israéliennes avaient été conduites en dehors du droit international, ce que la France ne peut pas approuver.


Critiquer tout le monde à la fois, c’est risqué. Mais c’est aussi ce qui permet à Paris de rester un interlocuteur crédible dans une région où presque tout le monde a brûlé ses ponts.
Dans le Golfe, la France est la bienvenue
C’est là que la stratégie française révèle toute sa cohérence.

Pendant qu’elle refuse de s’associer à l’offensive contre l’Iran, elle multiplie les gestes envers les monarchies du Golfe  qui, elles, subissent des frappes iraniennes sans l’avoir voulu.


Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exprimé la pleine solidarité de la France à l’Arabie saoudite, aux Émirats, au Qatar, au Koweït et à leurs voisins, ces pays ayant été délibérément ciblés par Téhéran et entraînés dans une guerre qu’ils n’avaient pas choisie.


Et ce n’est pas que de la rhétorique. Le porte-avions Charles-de-Gaulle, des Rafale, une frégate et des systèmes de défense anti-aérienne ont été déployés dans la région pour protéger les ressortissants français et les pays liés à Paris par des accords de défense — Émirats, Qatar, Koweït.


Le calcul français


Au fond, la France fait un pari : être le pays qui ne tire pas, mais qui protège. Celui qui appelle à la désescalade sans se défausser de ses responsabilités militaires dans la région. Macron plaide pour la paix, la reprise des négociations et la réouverture pacifique du détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran au grand dam des marchés mondiaux.


Est-ce que ça marche ? Dans le Golfe, clairement oui. Du côté d’Israël et de Washington, beaucoup moins. Mais c’est peut-être exactement le résultat recherché par Paris : rester incontournable, sans être instrumentalisé.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *